L’ère du plastique

Dans un avenir lointain, les archéologues pourront très facilement identifier notre ère par les dépôts de plastique dans les strates qu’ils fouilleront. 

3bin-3ka6s09g6165-8qcqkUniversellement plébiscitées pour leur durabilité et leur inaltérabilité, près de 300 millions de tonnes de plastique sont produites annuellement.Une grande partie de cette production est jetée dans l’année et 10 % finissent en mer. Pendant longtemps on imaginait que ces molécules finissaient par se désintégrer et disparaître, mais seulement 1 % sont proprement dits biodégradables. Les autres ne font que se désintégrer en fragments de plus en plus petits.Imaginez un sac en plastique qui s’envole dans une bourrasque de vent sur le parking d’un supermarché.Entraîné par le vent et la pluie, son voyage commence dans un ruisseau, continu dans les rivières et les fleuves avant de finir en mer.Si ce sac ne coule pas rapidement ou s’il n’est pas ingéré par une tortue qui le prend pour une méduse, il commencera alors sa lente dislocation due au soleil et à l’action mécanique des vagues.Lentement ses fragments deviendront microscopiques et flotteront près de la surface.Dans les 5 zones de concentration océaniques, la masse des particules de plastiques peut être jusqu’à six fois supérieure au phytoplancton. Happées par les prédateurs du plancton, ces particules entrent ensuite dans la chaîne alimentaire du monde marin.Les scientifiques ne connaissent pas encore toutes les conséquences de cette accumulation.Cependant, certains estiment que le danger réside surtout dans leur capacité à transporter des micro organismes invasifs. Ils servent de micro flotteurs et même d’habitats pour des bactéries et des virus qui constituent le biofouling, qui ont la capacité de concentrer des produits chimiques (PCB, DDT, bisphénol A, etc.) issus des rejets de notre mode de vie.Afin de pouvoir estimer l’impact de ces microdéchets, plusieurs expéditions ont quantifié les tonnages de plastique en suspension à la surface des cinq zones de concentration océaniques. oiseauPlastiqueChrisJordanCependant, en Méditerranée ce chiffre est encore inconnu. Pourtant cette mer semi-fermée et profonde est un parfait laboratoire pour essayer de comprendre les mécanismes et les impacts de la pollution la plus durable que l’homme a jamais infligée à la planète.

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